Transmissionary

Matthew Dear - Her Fantasy
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Her Fantasy - Matthew Dear from Beams

Matthew Dear - Her Fantasy (Ghostly International)

Matthew Dear - "Her Fantasy"

Notre cher Matthew réalise nos fantasmes. Son “Black City” en avait déjà conquis plus d’un, le voici qui annonce son retour avec l’album “Beams”. Le premier single extrait de l’album, Her Fantasy, au final dantesque, homologue son efficace post disco froid et aliéné.

Et si vous ne l’avez pas encore vu, hop : Matthew Dear - “In The Middle (I Met You There) [ft. Jonny Pierce of The Drums]”

(Source : www2.zshare.ma)


Quelques façons d’encaisser la rentrée

On a voulu y échapper, l’oublier, en faire abstraction, mais c’est un fait irrémédiable : la rentrée c’est cette semaine. Alors qu’on se rend compte assez rapidement qu’on avait pas trop de mal avec l’idée - parce qu’en vacances quand même, au bout d’un moment, on a juste plus rien à faire - jusqu’à ce que les médias nous fassent foncièrement chier a force d’un travail de sape du moral assez efficace, on se surprend à se rendre compte que toutes les bonnes choses ont une fin. Alors, comme on le sait la musique adoucit les mœurs, ne craignons pas le cocon rassurant qu’elle constitue face au retour vers cette fameuse “dure réalité de la vie”. Succombons ainsi à ce véritable plaisir jamais coupable. Dissimulons-y nos craintes, battons en retraite face à la routine, restons indifférents ou, pourquoi pas, explosons de bonheur. La musique est un appui.

Oui, ça sonnerait presque new-age.

Quelques pistes afin de mieux gérer la rentrée :

  • Façon urbain tranquilou mais un peu déprimé quand même avec “Monkeytek Hi-Fi Volume 1 : Dubwise”.

Compilation nous arrivant du label Mississippi Records, spécialisé dans les rééditions de tous types de trouvailles, des racines de la musique noire américaine jusqu’au punk, en passant par l’art rock ou la world music. Ici, le label s’attèle au meilleur du dub jamaïcain avec ce très riche “Monkeytek Hi-Fi Volume 1 : Dubwise”, Volume 58 des Tapes Series du label américain. Quasiment destiné à être écouté d’une traite, cette compilation s’avère d’une grande qualité et parvient même à susciter un certain intérêt chez le “dub noob” que je suis. La compression caractéristique au support utilisé (la cassette donc) offre à “Monkeytek Hi-Fi Volume 1 : Dubwise” un charme lo-fi, contrairement à ce qui est indiqué dans le titre, fort bienvenu dans le cadre des rêveries urbaines, sous narcotiques ou pas. Parce que oui, il y a bien d’autres façons de se rendre la vie plus simple hein.
Notons-y la présence sur la compilation d’un titre solo de Horace Andy, surtout connu auprès du grand public pour ses nombreuses collaborations avec Massive Attack.

  • À la manière funky feel good avec “The ArchAndroid” de Janelle Monae.

Voila une artiste et un album qui mériteraient bien d’être davantage mis en avant. Le funk/hip-hop/soul de Janelle Monae sur ce premier album qu’est “The ArchAndroid” a bien des chances d’insuffler à la rentrée une certaine classe futuriste, loin de toute parure inutile. Album concept d’anticipation inspiré par le Metropolis de Fritz Lang, s’épanouissant dans une ambiance tout sauf prétentieuse - comme pourraient l’être certains artistes du même acabit - “The ArchAndroid” est à conseiller fortement à quiconque recherche un peu d’âme et de chaleur dans son bad trip automnal.

  • Reprise “dans le déni” :  Caribou - “Swim”.

Caribou - Swim

On aimerait croire que les vacances c’est pour toujours. Que même pendant l’année il est possible de se biturer en semaine et de récupérer le lendemain en traînant jusqu’à plus d’heure. Que la plage de sable fin et blanc, ornée d’un soleil à son zénith ne bougera jamais. Qu’on portera des pantalons en lin blanc et des tongs pour toujours. Mais non. Un jour ou l’autre il faut bien reconnaître que c’est fini. Alors, pour réaliser la transition en douceur, quoi de mieux que ce formidable album qu’est le “Swim” de Caribou, dont on a déjà parlé sur Transmissionary bien plus tôt dans l’année. Probablement très haut dans les tops 2010 à venir, “Swim” est de ces disques desquels émanent une chaleur toute estivale, d’où l’on voyage entre habitudes folk/hippie/buccolique (qu’on avait dans “Andorra”, le précédent et tout aussi excellent album de Caribou), jusqu’aux néons et à l’acier des nuits d’une grande ville. Déjà presque un classique, totalement addictif.

  • Façon “NON LAISSE-MOI JE SUIS EN MONTÉE D’ECSTASY LA” avec Emeralds - “Does It Look Like I’m Here ?”.

Ce n’est pas parce que tout le monde retourne au boulot qu’il faut arrêter de rêvasser. Pour ceux qui pourraient avoir besoin d’un petit coup de pouce, il y a le “Does It Look Like I’m Here” de Emeralds. Amoureux de l’ambiant, de la kosmiche music et des textures granuleuses proches de la démarche de Christian Fennesz ou de Tim Hecker, ceci est pour vous. “Does it Look Like I’m Here” porte tous les signes évocateurs de l’album voyage comme le faisaient si bien les Cluster, Neu! et Brian Eno il fut une époque. S’il faut avant tout ne pas avoir de difficultés particulières avec ce genre très abstrait, ce Emeralds reste toutefois relativement accessible (en comparaison avec le susnommé Tim Hecker par exemple) malgré son aspect totalement perdu dans le temps. Un des must du must de la rentrée.

  • “Mec elle est où l’after ?” avec “Black City” de Matthew Dear.

Matthew Dear - Black City

Dans un genre un peu hybride, le dernier album de Matthew Dear, “Black City”. Proche du dernier LCD Soundsystem de par l’approche très “froideur bowiesque” qu’adopte Matthew Dear (sur Little People (Black City) ou Slowdance par exemple), “Black City” est toutefois un cran en dessus de la dernière livraison du projet disco rock de James Murphy. Influencé par le rock (Bowie donc, mais aussi clairement Talking Heads) tout en lorgnant vers la minimale, “Black City” ressemble à une transcription musicale de ce moment où on se bat contre la fatigue ou je ne sais quelle autre descente en soirée. Pas si dancefloor qu’on pourrait croire, même quasi post-punk parfois (Soil to Seed), parfait pour un voyage du Rexclub jusqu’à la maison.

  • Façon chômeur avec “My Father Will Guide Me Up a Rope To The Sky” de Swans.

Parce que oui, il y a des gens qui ne reprennent rien du tout ces jours-ci, si ce n’est la recherche d’un boulot ou d’une formation. Pour ceux-là, au lieu de plonger sa détresse dans le Janelle Monae et en ressortir totalement joie, il faudra plutôt privilégier le dernier opus des Swans. Parce qu’on sait que lorsqu’on en est là, la joie, ça énerve et de toute façon ca rend pas super productif. Plus de grosses rythmiques indus proto Godflesh, plus de Jarboe mais toujours Michael Gira (forcément) et Norman Westberg, “My Father Will Guide Me Up a Rope To The Sky” marque le retour d’un Swans sur la même voie que les albums très matures qu’étaient “The Great Annihilator” ou “Soundtrack For The Blind”. Composé à partir de morceaux originellement acoustiques présents sur l’album “I Am Not Insane” de Gira en solo (et non pas dans le cadre de projet parallèle Angels of Light), et partiellement financé par les recettes issues de cet album, “My Father[…]” est plus mystique, plus bluesy, proche même d’un neofolk à la Wovenhand. Les fans de la première heure n’apprécieront peut-être pas, toujours est-il que “My Father[…]” fait une excellente catharsis pour quiconque souhaitant se défaire d’un tourment. Comme tous les chômeurs, forcement.